La rage et la lumière

Je relis ce très beau livre du père Paolo Dall’Oglo qui s’intitule « la rage et la lumière » et qui porte le témoignage de ce prêtre jésuite au cœur de la révolution Syrienne. Le livre est paru en 2013 et a été écrit avec la collaboration d’Eglantine Gabaix-Hialé.

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Paolo Dall’Oglio

Ce prêtre est porté disparu, mort peut-être, torturé sans doute en raison de son combat pour la paix dans un pays où le quotidien était devenu un enfer. Il aurait pu partir mais ne s’y est jamais résolu. Beaucoup de gens estiment que le père Paolo a été oublié.

C’est pourquoi, j’aime le lire car il a cette voix fervente de ceux qui ne renoncent jamais, cette rage mais aussi cette lumière et cette tolérance, cet amour des gens au-delà du combat.

Voici une citation issue de la préface de ce livre que j’aime beaucoup. Les propos du prêtre sont en italique.


« Mais Paolo, dans sa rage, et sa lumière, est comme venu me dire : << Tu n’as pas le droit de raisonner de la sorte, d’être sarcastique, d’abandonner. La Syrie est notre rêve commun. La laisser s’enfoncer dans l’horreur nous rend nous-mêmes barbares. Au-delà de cette guerre que nous avons à mener, c’est avant tout le symbole de ce que nous aurons été capables de donner pour protéger cette idée, que nous croyons bonne malgré ces dérives, de démocratie. Et surtout de lutter contre un fascisme toujours rampant, à l’affût, cette disposition d’esprit qui cherche à nier l’autre en l’humiliant au mieux, en le détruisant au pire, à exalter un sentiment d’appartenance exclusif, à brider toute liberté d’expression. Voilà ce que mon combat pour la Syrie signifie.>>

Ce livre est avant tout un cri, celui d’un homme, d’un prêtre, qui a consacré trente ans de sa vie au dialogue islamo-chrétien, qui n’a cessé de vouloir créer un espace de liberté d’expression dans un pays qui en était dogmatiquement privé, de construire des passerelles et qui, en quelques mois, a tout vu s’écrouler dans une horreur sans nom.

Il cite Louis Massignon, un des ses maîtres spirituels qui dit : << Si Dieu avait voulu, il aurait fait de son Église une sorte d’ermitage dans le désert ; mais il lui a plu au contraire de la mettre au carrefour.>>. »

Préface écrit par Eglantine Gabaix-Hialé


Ce texte nous rappelle que le père Paolo n’est plus là mais que son discours est toujours d’actualité. Ainsi il parle du fascisme qui me semble toujours présent même dans mon pays en démocratie pourtant …. « le fascisme qui cherche à nier l’autre en l’humiliant au mieux, en le détruisant au pire »… « Le fascisme qui exalte un sentiment d’appartenance exclusif en bridant toute liberté d’expression. « 

Participer au fascisme, c’est nier les combats pour la liberté de tous ces hommes qui ont donné leur vie pour un idéal de paix et de tolérance au cours des siècles. Ainsi l’histoire récente de cette jeune fille Marie, tabassée par des policiers et dont la vie est gâchée, nous rappelle que la démocratie se défend.

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