Un poème et une chanson

Je partage ici le début d’un très beau poème américain de James Weldon Johnson sur la création du monde.

The Creation

An God stepped out on space,
And he looked around and said:
I'm lonely--
I'll make a world.

And far as the eye of God could see
Darkness cover everything,
Blacker than a hundred midnights
Down in a cypress swamp.

Then God smiled,
And the light broke,
And the darkness rolled up on one side,
And the light stood shining on the other,
And God said: That's good!

Then God reached out and took the light in his hands,
And God rolled the light around in his hands
Until he makes the sun;
And he set the sun a-blazing in the heavens.
And the light that was left from making the sun
God gathered a shinning ball
And fllung it against the darkness,
Spangling the night with the moon and the stars.
Then down between
The darkness and the light
He hurled the world;
And God said: That's good!  
[...]

James Weldon Johnson (1871-1938) - The Creation (1994)

J’ai lu ce poème dans « The Penguin Anthology of the Twentieth Century American Poetry », anthologie de poèmes américains du vingtième siècle et qui est editée par Rita Dove. J’aime beaucoup découvrir des poètes d’autres pays et ainsi parfois me laisser bercer par des langues, des cultures et des sonorités différentes.

Le poème est magnifiquement écrit de manière simple et très imagée comme le serait un livre pour enfants sur la création du monde. Si j’avais un talent de dessinateur, j’aurais adoré l’illustrer tant les images sont évocatrices, tendres et parfois pleines d’espièglerie. Les premières strophes évoquent la création du monde et de la lumière face à l’ombre qui existait. J’aime particulièrement ces vers « I’m lonely — I’ll make a world » qui expliquent en toute simplicité la motivation de la création. Ensuite, il explique comment Dieu enroule la lumière entre ses mains jusqu’à créer le soleil et le transporter dans les cieux « God rolled the light around in his hands until he makes the sun; and he set the sun a-blazing in the heavens« . Le poème est relativement long et se poursuit en évoquant la création de la lune, de la mer, des étoiles … et enfin de l’homme et de son âme « And man becomes a living soul, Amen, Amen ».


James Weldon Johnson est un poète américain né à Jacksonville en Floride. Il a été professeur, avocat, journaliste, défenseur des droits civiques, diplomate (au Venezuela et au Nicaragua). Durant la fin de sa vie, il enseigna à l’Université de Fisk. Avec son frère, le compositeur Rosamond Johnson, il a écrit « Lift Every Voice and Sing » qui est devenu l’hymne national afro-américain.


Ce serait dommage de ne pas terminer cet article sans partager une version de la chanson « Lift Every Voice and Sing ». Le poète explique ci-dessous la très belle histoire de cette chanson, devenue l’hymne national afro-américain :

« A group of young men in Jacksonville, Florida, arranged to celebrate Lincoln’s birthday in 1900. My brother, J. Rosamond Johnson, and I decided to write a song to be sung at the exercises. I wrote the words and he wrote the music. Our New York publisher, Edward B. Marks, made mimeographed copies for us, and the song was taught to and sung by a chorus of five hundred colored school children.
Shortly afterwards my brother and I moved away from Jacksonville to New York, and the song passed out of our minds. But the school children of Jacksonville kept singing it; they went off to other schools and sang it; they became teachers and taught it to other children. Within twenty years it was being sung over the South and in some other parts of the country. Today the song, popularly known as the Negro National Hymn, is quite generally used.
The lines of this song repay me in an elation, almost of exquisite anguish, whenever I hear them sung by Negro children.
« 

Cette chanson, créée pour célébrer l’anniversaire d’Abraham Lincoln, fut tout d’abord chantée par une chorale d’enfants mais ne devint pas célèbre tout de suite. Cependant, la chanson plaisait et les enfants la chantaient toujours. Ils devinrent professeurs et ils l’apprirent aux autres enfants. Pendant 20 ans, elle a été chantée dans plusieurs endroits aux États-Unis et elle est aujourd’hui connue comme l’hymne national afro-américain. J’ai choisi cette version parce qu’elle me plaisait particulièrement mais il y en a beaucoup. La chanson est très belle, une chanson sur la liberté et la foi … Ainsi les noirs américains ont trouvé le chemin de la liberté en chantant leur foi en Dieu et en priant, ce que je trouve toujours particulièrement émouvant. Ils n’avaient comme liberté que leurs chants et leurs voix magnifiques proviennent sans doute de la souffrance de l’esclavage.

« Lift every voice and sing   
Till earth and heaven ring,
Ring with the harmonies of Liberty;
Let our rejoicing rise
High as the listening skies,
Let it resound loud as the rolling sea.
Sing a song full of the faith that the dark past has taught us,
Sing a song full of the hope that the present has brought us.   
Facing the rising sun of our new day begun,
Let us march on till victory is won

God of our weary years,   
God of our silent tears,
Thou who hast brought us thus far on the way;
Thou who hast by Thy might   
Led us into the light,
Keep us forever in the path, we pray.
Lest our feet stray from the places, our God, where we met Thee,
Lest, our hearts drunk with the wine of the world, we forget Thee;
Shadowed beneath Thy hand,   
May we forever stand.   
True to our God,
True to our native land. »

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