La force de l'amour – 1

Actuellement, je lis l’autobiographie de Soeur Chan Khong, bouddhiste et femme moine qui assiste Thich Nhat Hanh depuis longtemps. Je partage avec vous quelques impressions au fil de ma lecture.

Tout d’abord ce livre est passionnant car il relate la vie d’une femme et de ses questionnements lors de cette période extrêmement difficile qu’était la guerre du Vietnam. On découvre une femme très intelligente avec un fort caractère et qui suit son chemin malgré les avis que l’on peut lui donner. Promise à de hautes études scientifiques et sans doute à une belle carrière, elle relate avec plus de passion son œuvre humanitaire, chose qui la motivait davantage et l’a conduite à rencontrer Thich Nhat Hanh.

Je relate ici un passage du début du livre qui m’a vraiment interpellée car il montre comment cette femme avait trouvé un moyen d’aider les gens pauvres dans les bidonvilles. Son approche est extrêmement intelligente. Tout d’abord elle s’est infiltrée dans la population pour mieux comprendre les verrous qui empêchaient ces gens de sortir de cette misère. Ainsi elle se rendit compte que les parents devaient payer pour obtenir un certificat afin que leurs enfants puissent être scolarisés. Les parents ne réussissaient pas à faire ces démarches, c’est ce qui expliquait le faible nombre d’enfants scolarisés. Elle décida de les aider en faisant venir un juge qui leur délivrait les certificats sur place. Elle réussit ainsi à scolariser plus de 100 enfants. Sa pleine conscience de leur situation lui avait permis de comprendre sans juger et de débloquer la situation.

Ensuite, afin d’aider ces personnes, elle leur proposait de les aider financièrement mais uniquement dans le but de monter un projet et de devenir indépendant, et en les épaulant. Si l’un voulait être vendeur de glaces, elle lui proposait de l’aider à acheter le matériel et à financer sa formation. Cependant, elle avait besoin d’argent pour commencer son action humanitaire. Elle savait qu’il était toujours délicat de demander de l’argent aux familles. Aussi, astucieusement, elle décida de demander une très petite somme tous les mois et à plusieurs familles.

Elle écrit : « je décidai de solliciter plusieurs personnes pour qu’elles donnent chacun un dông chaque mois. Les gens répondaient en général : <<Mais c’est si peu ! >> et je leur disais : <<Donnez un dông chaque mois, ce sera déjà un grand cadeau.>>. J’allais voir une riche amie de ma famille, qui n’était pas réputée pour sa générosité, mais elle se déclara heureuse de donner une aussi petite somme mensuellement. Puis je fis la même démarche auprès des membres de sa famille et même de son chauffeur et de ses domestiques, trop heureux de se montrer généreux à si bon compte.[…] Je me rendais compte que je semais , dans leur esprit et leur cœur, des graines de générosité qui, un jour, porteraient leurs fruits. »

Les gens au Vietnam savaient que faire la charité était important. Ils étaient donc ravis d’aider en donnant si peu. La sœur réussit ainsi à obtenir assez d’argent pour aider au montage de projets. De plus, elle utilisa une astuce pour pouvoir continuer à aider de nombreuses personnes en récoltant des gains si les projets aboutissaient. Les personnes aidées se sentaient alors une responsabilité et une fierté non seulement de réussir mais de pouvoir à leur tour aider d’autres gens.

Ci-dessous ce passage concernant l’aide au montage de projets et les astuces qu’elle avait trouvées pour pérenniser son aide en récoltant les fruits de ce qu’elle semait :

« Je lui répondais : <<Personnellement, je n’ai pas assez d’argent, mais je peux en emprunter pour vous si vous me promettez de me rendre un dông (monnaie vietnamienne) par jour sur vos ventes.>> Nous allions ensuite tous les deux au marché de gros pour acheter un grand bac en étain. Chaque soir quand il revenait de vendre des glaces, il mettait un dông de côté pour me rembourser. Une femme fit ainsi l’acquisition de l’équipement nécessaire pour vendre dans la rue des crêpes et d’autres aliments. Quand quelqu’un était particulièrement entreprenant, je lui proposais un second prêt pour étendre son activité. De cette façon, j’aidais à la création de plusieurs emplois. Mais je ne donnais jamais d’argent sans en conserver un contrôle partiel. C’était la meilleure façon de faire. Quand une personne s’acquittait de sa dette, cette somme servait à quelqu’un d’autre pour monter une autre affaire. »

J’ai beaucoup aimé ce passage du livre qui, bien qu’anecdotique, me semble éclairant sur la manière d’aider des personnes en difficulté de façon intelligente et astucieuse.

Je poursuis ma lecture …

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